Groupe de Tran To Nga

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Informations

Ce groupe a pour vocation de donner des informations au plus près, sur les différentes activités de Tran To Nga, soutenue par de nombreuses associations et individuels, pour faire connaitre son combat en faveur des victimes de l'Agent Orange.

Il est complémentaire des autres sites de solidarité qui donnent des informations sur l'avancée du procès, en particulier le site de André Bouny  http://www.agent-orange-vietnam.org/

et celui personnel de Tran To Nga qui s’adresse aux « viet kieu » (Vietnamiens vivant hors du Viet Nam) du monde entier ainsi qu’aux personnes de toute origine qui la soutiennent dans son procès en France http://www.nga-orange.org/

 

                                                                                            SOLIDARITE

 

                                                

                                Du 6 au 9 juin Tran To Nga était à La Réunion, invitée par l'association ORANGE DIHOXYN

Le but : faire des débats à partir de projections, rencontrer le public et dédicacer son livre. Un concert, pour récolter des fonds en soutien au procès a clos sa visite.

Les adhérents de l'association Orange DiHoxyn se sont fortement mobilisés pour que ce séjour soit un succès en faisant un don pour l'achat du billet d'avion.

Des conférences et projections de film ont eu lieu :

  • A Saint- Pierre
  • A Saint-Denis
  • Au Tampon

Signe que les conférences ont été une réussite, 13 personnes ont souhaité adhérer à l'association.

71 livres avaient été apportés, tous ont été vendus ! Dommage, les personnes qui voulaient en acheter n’ont pas pu le faire. Il faut savoir qu'achetés directement auprès de l'auteur ou d'associations de soutien, il y a 5 €  qui sont consacrés aux frais du procès.

Le bénéfice financier entre la vente des livres et le concert est de 736 €, qui viendront donc en soutien au procès

Il ne faut pas oublier non plus qu’un autre « bénéfice » de la venue de Mme Tran To Nga à La Réunion a été d’augmenter le nombre des sympathisants et des adhérents à Orange DiHoxyn. Le fait que Mgr Gilbert Aubry soit devenu membre de notre Comité d’Honneur constitue un considérable renfort pour nos actions en faveur des victimes de l’Agent Orange.

Enfin, la couverture médiatique a été bonne. En plus des articles cosignés par Mgr Aubry et Ho Hai Quang qui est intervenu aussi  sur Radio Pikant, le Quotidien va publier un article dans les prochains jours.

 

                                                                                                         *****

                                          Article paru dans le journal L'Humanité, le 9 juin 2016 par Alain Ruscio, historien         

Tran To Nga (avec la collaboration de Philippe Broussard), Ma terre empoisonnée. Vietnam, France, mes combats, Paris, Éd. Stock, 2016, 302 p.

Le nom de Monsanto commence à être connu en France. Les beaux combats de Marie-Monique Robin, il y a quelques années, y ont puissamment contribué. Puis, les récentes dénonciations des OGM Roundup ont consolidé sa (sale) réputation. Au Vietnam, ce Monsanto, plus une pléiade de sociétés chimiques américaines, et leurs enfants maudits, les agents orange, bleu et blanc, sont hélas connus depuis un demi-siècle. Une femme, qui a souffert dans sa chair et dans son cœur de ces pratiques, une « mère-courage », a décidé d’élever la voix. Elle s’appelle Tran To Nga. Possédant la nationalité française, elle a déposé plainte. Saluons au passage le geste de ses défenseurs, Me William Bourdon et ses collègues qui ont décidé de renoncer à leurs honoraires.

Mais, par delà Monsanto, c’est toute la politique américaine dans cette partie du monde qui doit être rappelée. Car, enfin, il a bien fallu que l’administration US commande à cette firme les 80 millions de litres de cet agent, bourré de dioxine, il a bien fallu que les gouvernants (Kennedy, oui le « gentil », le « souriant » Kennedy le premier) prennent la décision politique de cet épandage, il a bien fallu que de « prestigieux » militaires étoilés pratiquent cette criminelle besogne. Le raisonnement était simple, simpliste : puisque la forêt, épaisse dans cette partie du monde, masque les guérilleros, détruisons la forêt… Des milliers de ces combattants, mais par delà des populations civiles, ont ainsi inhalé ce poison.

Madame Tran To Nga livre ici un récit de vie d’une simple combattante, élevée dès son enfance dans l’esprit de résistance, d’abord au colonialisme français, puis à l’agression américaine. Elle a fait partie de ces combattant(e)s au courage incommensurable qui empruntèrent les milliers de kilomètres de la « piste Ho Chi Minh », la plupart du temps à pied, afin de ravitailler et de renforcer les maquis du sud Vietnam.

On ne dira jamais assez combien un récit écrit à la première personne du singulier peut souvent rendre compte d’un phénomène, parfois plus que des études à caractère historique et scientifique. Tel est ce livre, limpide, simple, sans recherche d’effets. La description de l’intérieur de la « guerre du peuple », de ce point de vue, est exemplaire. Mais aussi, hélas, le tourbillon des drames. Mme Nga se trouve, sans vraiment comprendre le danger encouru, au cœur des zones défoliées : « Imaginez des centaines de milliers d’arbres fruitiers sans feuilles. Imaginez une terre brunâtre ou toute trace de vie – fleurs, papillons, oiseaux,  insectes – a disparu, offrant désormais au regard le tableau désolant d’une lande piquée de broussailles et de troncs fossilisés dans leur nudité noueuse, de branches noires enchevêtrées, pourries, qui fissurent le blanc du ciel, une terre hostile, infertile, lunaire ». Mais l’agent orange agresse, blesse, tue également les humains. Madame Nga n’est pas dans un exercice de style, elle ne cherche pas la « belle littérature ». Elle écrit ce qu’elle a vécu. Et c’est glaçant : « Tout à coup, une pluie gluante dégouline sur mes épaules, se plaque sur ma peau. Une quinte de toux me prend. Maman, venue me rejoindre, me crie d’aller vite m’asperger d’eau et de changer de vêtements, en m’expliquant, ce que je n’ai pas encore compris : C’est du défoliant, de l’agent orange !

Je vais me laver. Et puis j’oublie. Dans l’apocalypse environnante, dans les flammes de notre cher Vietnam, que peut bien représenter l’épandage d’un banal herbicide ? ». En fait, la vie de Nga vient de basculer. Devenue mère, elle perdra ensuite son premier enfant à l’âge de 17 mois, sa « petite Viêt Hai », qu’elle pleure encore aujourd’hui. Elle-même souffre encore dans sa chair des effets de ces épandages. Comme des millions de ses compatriotes.    

En juillet 1976, une petite ville de Lombardie avait donné son nom à un drame : Seveso. Deux kilogrammes de dioxine avaient été perdus accidentellement dans la nature. L’Europe entière en a parlé durant des décennies, en parle encore. Que l’on rapproche pourtant ces deux kilos des 80 millions de litres, cités plus haut, épandus sur la terre martyre du Vietnam. « Quand je parle de l’agent orange, déplore Mme Nga, les gens sont convaincus que ce terme renvoie à l’Histoire, que tout cela est fini depuis des décennies. C’est faux, et il faut le dire, le répéter, haut et fort : les maladies se transmettent de génération en génération. Venez à Thai Binh, à Cu Chi ou dans les villages du delta, et vous en aurez la preuve. Il y a là des femmes, des hommes, des enfants qui attendent que justice leur soit rendue ».

Pour ce faire, mais sans aucun esprit de revanche, Mme Nga a donc décidé de porter plainte. L’opinion mondiale, pèsera dans la balance. Mère-courage vietnamienne, nous sommes et serons à vos côtés dans ce nouveau combat.  Alain Ruscio

 

                                                                                                             *******

Le 28 mai  au Foyer Vietnam, 80 rue Monge à Paris , le CID ainsi que l'Association d'Amitié Franco Vietnamienne, l'Union Générale des Vietnamiens en France, Orchidées et le Foyer Vietnam ont organisé une rencontre-dédicace avec l'auteur, en présence d'un de ses avocats, Bertrand Repolt.

L'échange a été très riche et a permis de répondre aux nombreuses questions concernant son parcours, l'écriture de ce livre et son ultime combat : le procès qu'elle mène contre 26 firmes ayant fabriqué l'Agent Orange, au premier rang desquelles la tristement célèbre société Monsanto (et Dow Chemical, Uniroyal Chemical Co, Occidental Electrochemicals Corporation, Hooker Chemical Corporation, Chemical Land Holdings, Inc., …)

        Ma terre empoisonnée (Editions Stock)

        Prix de vente 19,50 €

        Si achat direct auprès de l'auteur et des associations ci-dessous ,

        5 € seront consacrés aux frais du procès :

         -   lors des rencontres-dédicaces avec l'auteur

         -   Union Générale des Vietnamiens en France : 16 rue du Petit Musc , 75016 PARIS

         -   Foyer Vietnam : 80 rue Monge, 75005 PARIS

         -  Orange DiHoxyn : 19 rue Daniel Pongérard, 97419 La Possession Réunion.

 "Ma terre empoisonnée": une grande leçon de vie. Tran To Nga ouvre pour nous le livre de sa vie.  Le livre  d'une vie toute entière vouée à un immense et irréductible combat pour la liberté l'indépendance de   son peuple. On ressort de cette longue épopée reconnaissant et bouleversé. Reconnaissant parce que tout le récit est empreint de bout en bout d'une sérénité et d'une volonté de paix qui nous entraînent vers le plus profond respect. Les crimes sont dénoncés, l'ampleur effroyable du chaos provoqué par les agresseurs est présente à chaque page, la conflagration affective la plus intime – vis-à-vis de sa maman l'inflexible, de ses enfants adorés, de ses camarades tués au combat – est décrite avec une grande force, et pourtant, malgré tout ce douloureux vécu, Tran To Nga rejette la haine. Elle fait pari d'humanisme, d'un humanisme empreint d'exigence et de lucidité. On ressort de son livre bouleversé parce qu'au travers de son extrême simplicité, son récit se charge d'une force émotionnelle extraordinaire. L'émotion n'est certes pas conviée par l'auteur. Elle écrit : "Je ne suis pas là pour pleurer sur mon sort, mais pour faire front". Mais on ne peut s'empêcher, souvent à la lecture, de retenir difficilement ses larmes. Des larmes vite ravalées pour faire front avec Tran To Nga dans son "dernier grand combat", où elle s'est engagée avec un courage inouï, dans un combat judiciaire contre les grandes sociétés américaines ayant fabriqué le poison.                                                                             

 

                                                                                                      *********

                                                              INTERVIEW DE TRAN TO NGA par Hô Thuy Tiên

 

Quand et comment est née l'idée de ce livre ?

Depuis longtemps je voulais écrire ce livre, mais je pensais l'écrire en vietnamien, dans ma langue maternelle.

A travers votre livre c'est votre histoire mais aussi celle de votre famille que vous racontez. Comment et frères ?

Nous sommes une famille discrète et ne voulons pas trop parler de nous, même si chacun de nous a vécu une vie mouvementée, pleine d’aventures ou plutôt de mésaventures et d’histoires en parallèle avec l’histoire de notre pays. D’ailleurs, ce livre, je l’ai écrit loin d’eux, en France et en français. Ils ont donc eu un peu peur pour moi que je ne puisse être à la hauteur de la tâche, et surtout que je ne puisse bien m’exprimer fidèlement car mon histoire est aussi l’histoire en miniature de mon pays. Ne pas embellir ni salir n’est pas chose facile

Et vos deux filles, leur aviez-vous déjà parlé de tout ce que vous aviez enduré ?

Mes deux filles connaissent un peu ce qui s’est passé pour ce qui les concerne depuis leur naissance car, à cause de leur mère, chacune a vu le jour dans une situation assez spéciale. Mais ce que j’ai vécu et enduré, je préfère les en écarter pour les préserver. J’ai surtout raconté l’histoire de leur sœur défunte pour qu’elles ne l’oublient pas.

Vous racontez votre vie de petite fille au Nord et au Sud, votre parcours de résistante. Comment vos ami(e)s quiont vécu et partagé certaines périodes ont réagi à votre livre ?

Malheureusement, le livre est écrit en français, et rares sont ceux ou celles parmi mes ami(e)squi maîtrisent suffisamment le français pour le lire. Uniquement, une amie de maquis qui vit actuellement en Hongrie a pu le lire. Elle m'a écrit"J’ai reçu ton livre et je le dévore. Dès les premières pages, je ressens une grande compassion pour ta vie, la vie des enfants des combattants. J’en suis très touchée car à travers ton histoire, je m’y vois et je revois aussi mes amis qui ont vécu avec moi dans le maquis…". C'est une des raisons pour lesquelles j’ai hâte de le réécrire en vietnamien.

Vous rendezaussi hommage aux combattants de l'ombre. C'était également votre but en écrivant ce livre?

Oui, c’est le premier but. Je voulais parler plutôt en leur nom, leur rendre hommage et les faire revenir vivre cette vie qu’ils n’ont pas eu le temps de vivre pour réaliser leur rêve. J’espère qu’à travers les pages, les lecteurs partageront avec moi le respect et l’hommage envers ceux qui ne sont plus de ce monde et ceux qui vivent encore, toujours dans l’ombre, après avoir accompli leur devoir envers le peuple et la Patrie.

Dès votre libération deprison en 1975 on sent poindre chez vous déjà de la désillusion .Vous pouvez expliquer ce que vous ressentez ?

"Pendant la guerre, sous les bombardements, nous avions rêvé, sacrifiant notre vie et notre sang. Et pourtant notre rêve était, est très simple : le bonheur pour le peuple, plus de bombes, plus de guerre... Et très rapidement, rêve, réalité. Je pense surtout à ma mère et aux amis tombés sur les champs de bataille, n’ayant même pas vécu les vingt- cinq ans de leur vie."


 Votre livre  est arrivé a son terme, son écriture a-t-elle été douloureuse ou /et bénéfique ?

 C’est à vous de juger

Oui, en que lectrice, je l'ai trouvé émouvant et parfois éprouvant ! Eprouvant  en découvrant toutes ces souffrances vécues et racontées au plus près. Mais pour  vous, en tant qu'acteur et témoin de ces événements tragiques, l'écriture a-t-elle été bénéfique ? A-t-elle permis de mettre tant les choses au point avec vos ami(e)s, vos "ennemi(e)s", etc.

​Pour le moment, le livre n'est pas paru au Viet Nam, donc je ne peux pas parler de ce que peuvent penser mes ami(e)s ou le gouvernement, ou même ceux qui ne m'aiment   pas au Viet Nam. Par contre, je pense que je suis parvenue quand même à faire         comprendre aux amis vivant en France, Vietnamiens ou Français, quelques traits de l'histoire du Viet Nam sans la salir ni l'embellir. Pour moi, c'est un devoir accompli. J'espère qu'enfin tous les Vietnamiens se rapprochent vraiment, combattent ensemble,    s'unissent pour le BONHEUR, la JUSTICE et la PAIX. Alors, oui, j'espère qu'en ce sens mon livre a un côté bénéfique. 

Pensez-vous que votre livre sera publié au Viet Nam ?

Je ne pense pas, parce qu’il n’y a pas beaucoup de personnes qui lisent en français. Je préfère le réécrire moi-même en vietnamien, le considérant comme une dernière offrande à ma famille et à mon pays natal. C'est ma façon d'exprimer ma reconnaissance envers les deux pays que j’aime de tout cœur.

Le procès contre les sociétés américaines est votre dernier combat comme vous l'écrivez. Êtes-vous optimiste ?

C’est un combat, une vraie lutte pour la justice et les gens qui souffrent. Je n’ai jamais pensé que c’était facile, car pour reconnaître le mal qu’on a fait, que ce soit une petite faute dans la vie quotidienne ou un grand crime pendant la guerre, il faut avoir du courage, du respect pour soi-même et aussi , dans cette affaire, un grand sens de l’humanité. J’espère que tôt ou tard, la conscience des firmes américaines et aussi celle des avocats qui les défendent se réveillera et qu'ensemble on trouvera une solution pour toutes les victimes de l’Agent Orange. De mon côté, je ne me pose pas trop de question. Comme depuis le début de ma vie et de ce procès, je ferai tout ce que je peux, je donnerai le maximum de moi-même avec à mes côtés, mes avocats et tous mes amis qui m’entourent de leur affection, de leur confiance et de leur courage.

Donc, on avance !

 

                                 UN PROCES CONTRE LES SOCIETES AMERICAINES QUI ONT FABRIQUE L'AGENT ORANGE

 

Le jeudi 16 avril 2015, s’ouvrait en France le procès de l'Agent Orange. C’est Tran To Nga,  Franco-vietnamienne de 73 ans, ancienne résistante vietnamienne qui mène ce combat avec l’avocat William Bourdon contre des sociétés chimiques américaines comme Monsanto et Dow Chemical, devant le tribunal d'Evry. Ces sociétés ainsi qu'une vingtaine d'autres sont accusées d'avoir produit l'agent orange, qui contenait notamment un puissant poison, la dioxine, de l'avoir produit en connaissance de cause sur les conséquences sur la santé des gens.

Tran To Nga a été aspergée, dans les années 1967-68 alors qu'elle combattait et faisait son métier de journaliste dans le maquis. Sa première fille, née en 68 est morte à un an d'une malformation cardiaque. Sa deuxième fille, porte, comme elle-même, des pathologies liées à la dioxine. Les États-Unis ont consenti à indemniser (180 millions de dollars) leurs vétérans victimes de ce poison, mais pas un cent pour les Vietnamiens.

  "C’est une démarche réfléchie, longuement préparée", indique Maitre William Bourdon, cité par l’Express. " En tant que citoyenne française, ma cliente est recevable à poursuivre ces sociétés qui ont toujours su organiser leur irresponsabilité juridique dans ce drame éternel. Elle peut obtenir réparation à titre individuel et ouvrir ainsi la voie à d’autres démarches, à l’étranger cette fois, pour les civils vietnamiens."  Alors que les Vietnamiens poursuivent encore aujourd’hui le combat pour rendre justice aux victimes de l’agent orange/dioxine, cette procédure est la première engagée en France.

Elle vise à lui rendre justice et, au travers d’elle, obtenir enfin la première reconnaissance tangible d’un immense crime. Il s’agit d’un procès techniquement difficile, et très onéreux. En effet, contrairement à la procédure des victimes vietnamiennes intentée aux USA par des avocats américains, celle-ci nécessite qu’un huissier français délivre l’assignation à autant d’huissiers américains qu’il y a de sociétés mises en cause, notification par parquet diplomatique, sans compter que tous les documents et annexes doivent être traduits et certifiés pour validité. Des frais qui se renouvelleront lors des conclusions répondant aux arguments contradictoires des défendeurs. Ne doutons pas que la défense de ces multinationales sera féroce et, en cas de verdict favorable à Mme Tran To Nga, elles feront appel. Alors de nouveau les frais reviendront, par dizaines de milliers d’euros. Mme Tran To Nga n’a pas les moyens de couvrir pareils frais. Aussi, un collectif sollicite associations et personnes tournées vers le Viêt Nam. Mais pas seulement, tout citoyen(ne) se sentant concerné(e) peut traduire sa solidarité par un don. Des plateformes internationales seront également activées vers leurs millions de membres, avec le soutien du CIS

 

 

Voici le témoignage de André Bouny, Président du Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et auteur de Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam (éditions demi lune 2010) et de Cent ans au Vietnam (éditions Sulliver 2014)

J’ai vu du nord au sud du Viêt-Nam, des gens atteints d’étranges maladies,

J’en ai vu certains qui avaient le corps couvert de boules grosses comme des oranges,

J’ai vu ce garçon désarticulé sur sa planche à roulettes, dans une famille nombreuse et misérable, dévastée physiquement et psychologiquement, dont les parents espèrent que leurs enfants auront la chance de mourir avant eux…

J’ai vu cette fillette qui portait sur ses épaules un grand frère disloqué, tendant une casserole vide…

J’ai vu la cohorte des enfants morts de Tu Du,

J’ai vu leur anatomie torturée,

J’ai vu les siamois soudés sur toute la surface du corps,

J’ai vu celui arrivé dans la vie avec des membres surnuméraires soudés du ventre,

J’ai vu celui affligé d’un double visage,

J’ai vu celui né avec deux têtes,

J’ai vu celui qui naquit avec les organes génitaux au milieu du visage,

J’ai vu des petits d’hommes traînant leur enfance assassinée,

J’ai vu celle née sans yeux, et qui rame l’air avec ses bras sans mains…

J’ai vu celui attaché au barreau du lit pour ne pas qu’il se détruise sous le feu des démangeaisons de la chloracné qui le dévore…

J’ai vu ceux aux corps d’oiseaux lestés à une énorme tête,

J’ai vu les enfants atteints de fente palatine aspirant leur lèvre supérieure et leurs ailes du nez,

J’ai vu l’enfant au visage envahi par la prolifération anarchique d’une horrible tumeur faciale,

J’ai vu l’enfant spina-bifida aux pieds bots recroquevillés comme les pétales du chrysanthème…

J’ai vu les enfants phocomèles, enfants-tronc nés sans membre, souriant vers le jeu, piochant de leur nuque et animant tous les muscles de leur tronc pour se mouvoir quelque peu…

J’ai vu cette fillette « chanceuse » d’avoir des pieds, et qui écrit en tenant le crayon entre ses orteils, avec application, et qui ne saura jamais ce que c’est de tenir son semblable dans ses bras :

Oui, cela va bientôt faire cinquante ans que la guerre chimique américaine commença et elle inflige toujours et encore d’effroyables et interminables souffrances inhumaines à une foule d’êtres innocents qui n’étaient pas nés lorsqu’elle prit fin.

 

                                                                     LIENS VERS PLUS D'INFORMATION SUR L'AGENT ORANGE

 

http://www.aafv.org/Paris-TRIBUNAL-15-et-16-mai-2009

http://www.agent-orange-vietnam.org/

http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html

http://www.sulliver.com/livre_andre-bouny-cent-ans-au-viet-nam_9782351221501.htm

http://www.revue-ballast.fr/andre-bouny/

https://dioxine-bombearetardement-film.com/

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/guerre-du-vietnam-le-combat-d-une-victime-francaise-de-l-agent-orange_1548177.html


http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/tran-to-nga-je-veux-me-battre-pour-toutes-les-victimes-09-07-2015-4931457.php

http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/les-combats-de-toute-une-vie-l-obstine-destin-d-une-vietnamienne-160316

http://www.la-croix.com/Monde/Asie-Oceanie/Tran-To-Nga-l-agent-orange-son-dernier-combat-2016-05-03-1200757589

 

                LIENS VERS PLUS D'INFORMATIONS SUR LES ASSOCIATIONS DE SOLIDARITE AVEC LE VIETNAM

 

http://www.aafv.org/

http://www.cidvietnam.org/articles.php

http://www.foyer-vietnam.org/

http://www.orange-dioxin.com/index.php?page=home&lang=fr

http://www.ugvf.org/

 

 

 

 

 

 

Créateur et administrateur du groupe : HO Thuy Tien

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