Agent orange une bombe a retardement

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Le film Agent Orange, une bombe à retardement ouvre le dossier douloureux d’un drame peu médiatisé qui touche aujourd’hui des millions de Vietnamiens, sur plusieurs générations et dont les effets impactent l’avenir du pays et celui de ses enfants à naitre.

Après 40 années de guerre ininterrompue contre la France puis  les Etats-Unis, le Vietnam sort enfin de la guerre, le 30 avril 1975. Fin des bombes à billes, à fragmentation, qui déchirent les corps. Fin des bombes au phosphore, au napalm qui transforment les humains en torches vivantes. La paix et la reconstruction du pays sont  à portée d’espérance.

Pourtant, en partant, l’armée américaine laisse un poison aujourd'hui  invisible : la dioxine. Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d’Agent Orange produite par la multinationale Monsanto,  a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation vietnamienne. En s’infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaine alimentaire. Des millions de Vietnamien sont  victimes de la dioxine atteints de lourdes malformations, de cancers. 40 ans après les derniers épandages,  la dioxine continue  de faire des ravages.

Comment qualifier cette catastrophe humaine et écologique que vivent le Vietnam et sa population ? Au-delà du cas vietnamien, quelle est la responsabilité des Etats dans le choix  des armes et de leur utilisation en cas de conflit armé ? Quelles  sont  les réparations possibles  envers les victimes et les pays dévastés ?  Le film Agent Orange, une bombe à retardement aborde ces questions à travers des témoignages et l’analyse donnée par des scientifiques et historiens rencontrés au Vietnam, en France aux Etats Unis et au Canada.

https://dioxine-bombearetardement-film.com/

https://www.youtube.com/watch?v=7G1bCZUTEZU&feature=youtu.be

 

                                         LE DRAME DE L'AGENT ORANGE AU VIET NAM   dossier écrit par Francis Gendreau

A. Origines

La guerre chimique

Durant la "guerre du Vietnam", l'armée américaine procède à des épandages massifs de défoliants sur le Vietnam afin de raser le couvert végétal pour empêcher les résistants du Front national de libération du Sud-Viêt Nam (souvent appelé "Vietcong" par le gouvernement du Sud Vietnam et ses soutiens) de s'y camoufler, et de détruire les récoltes et le milieu de vie (chasse et cueillette) pour affamer les populations villageoises et les empêcher d'accueillir et de nourrir les combattants.

Pour ces épandages, de nombreux produits (ou "agents") sont utilisés, repérés par la couleur de la bande peinte sur les bidons les contenant, pour les identifier. On parle ainsi des agents blanc, bleu, orange, pourpre, rose, vert. Ils sont de composition chimique variée. Le plus utilisé (60 % des quantités épandues) est "l'agent orange".

La plupart de ces herbicides, dont l'agent orange, contiennent de l'acide 2,4,5-T pour ses capacités de défoliation. Or les procédés de fabrication industrielle de cet acide sont tels que l'acide produit est contaminé par des doses plus ou moins fortes d'une substance extrêmement toxique : la dioxine. C'est un produit chimique présentant les propriétés suivantes :

  • il est particulièrement stable, résistant à des températures de 1 000 degrés, voire plus, et se dégradant très lentement : ses effets persistent donc dans l'environnement et affectent sur de longues durées les habitants des zones sinistrées,
  • il est peu soluble dans l'eau, mais est soluble dans les graisses ("liposoluble"), où il peut s'accumuler, et il s'intègre dans la chaîne alimentaire,

Sa toxicité apparaît à partir de quantités très faibles ; c'est ainsi qu'en France, la dose journalière admissible (ou DJA) de dioxine est fixée à 1 picogramme (1 pg = 10-12 g) par jour et par kilo de poids. En clair, une personne de 60 kilos ne devrait pas ingérer plus de 60 pg de dioxine par jour.

Les fabricants (Monsanto, Dow Chemical, etc.), qui doivent livrer en peu de temps à l'armée américaine des quantités importantes de produits, négligent les précautions (connues) qui auraient permis de limiter la présence de dioxine, et les doses de dioxine sont particulièrement élevées.

Commencés en 1961, les épandages ne s'arrêtent qu'en 1971, après 10 années, cela bien que les scientifiques américains en dénoncent l'utilisation dès 1966. La quantité de défoliants déversés est estimée à 77 millions de litres, et celle de la dioxine à près de 400 kilos, une quantité considérable. La superficie concernée atteint 2,6 millions d'hectares, soit 10 % de la superficie du Sud Vietnam. Au total, entre 2,1 et 4,8 millions de personnes sont directement affectées[1].

À l'époque, bien que la grande toxicité des défoliants employés soit déjà connue, la propagande américaine affirmait le contraire, notamment dans sa propagande auprès des populations (cf. ci-après le tract diffusé par l'armée américaine.

Mais si les épandages ont touché le Sud du 17ème parallèle, toute la population est désormais concernée : du fait des brassages liés aux migrations, le Nord comme le Sud est affecté.

Les effets sur la santé

La dioxine est une substance cancérigène et tératogène (produisant des handicaps physiques et mentaux chez les nouveau-nés). L'agent orange continue ainsi de provoquer des décès, de graves pathologies, des malformations à la naissance (handicaps physiques et mentaux, membres ou organes surnuméraires ou déficitaires, lésions nerveuses irréversibles, etc.). Certes, le lien de causalité entre la dioxine et certaines pathologies n'est pas toujours scientifiquement démontré. Mais des recherches menées aux états-Unis, notamment par l'Académie des sciences, montrent que la dioxine est responsable de plusieurs pathologies aiguës ou chroniques, notamment de différents types de cancers.

On trouvera en annexe les conclusions résumées du dernier rapport de l'Académie des sciences des Etats-Unis sur les pathologies qui peuvent être ou non associées à l'exposition aux herbicides. Notons au passage que les associations offrant une preuve suffisante ou limitée voient leur nombre croître tous les deux ans à chaque nouveau rapport.

Au Vietnam, les études généalogiques confirment que les familles dont un ascendant a subi les épandages sont particulièrement affectées par des avortements spontanés et des malformations congénitales.

De nombreuses familles ont alors au moins un de leurs membres handicapé, adulte ou enfant. Les enfants malades ont des difficultés à être scolarisés. La force de travail est affectée car les adultes d'une famille jouissant d’une bonne santé doivent consacrer une partie de leur temps à s'occuper de leurs proches handicapés. Les revenus des familles sont minorés et le coût des soins médicaux aggrave leur situation.

Le nombre de victimes

Il faut envisager plusieurs types possibles de victimes, et cette typologie peut aider à clarifier les discussions. Il nous semble qu'on peut considérer au moins quatre catégories de populations :

a) les personnes qui étaient présentes à l'époque dans les zones épandues (et dont une partie est aujourd'hui décédée) : elles ont ou n'ont pas encore développé de pathologies reliées à l'agent orange ; ce sont les victimes potentielles ; ce sont les 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens souvent évoqués ; leurs survivants aujourd'hui doivent être compris entre 1 et 2 millions.

b) parmi eux, ceux qui ont été atteints par les défoliants, directement (ils ont reçu les épandages sur eux), ou indirectement (ils ont vécu dans les zones épandues) et qui en ont été affectés ; ce sont les victimes immédiates (première génération) ; on n'en connaît pas le nombre ;

c) leurs descendants, éventuellement atteints directement (par le placenta, par l'allaitement maternel, voire par des mutations génétiques) ou indirectement (parce qu'ils ont mangé des aliments contaminés ou joué dans des lacs pollués, etc.) ; ce sont les victimes des générations suivantes ;

d) les personnes qui se sont installées dans des zones contaminées, et leurs descendants, et qui ont développé certaines affections liées à la dioxine ; ce sont les victimes par migration.

Insistons sur ce dernier point, car le Vietnam a une longue histoire de migrations, et celles-ci ont été importantes depuis la fin de la guerre. Or, dans la mesure où les risques liés aux épandages n'étaient pas connus et où les régions encore polluées par les défoliants ne sont pas encore toutes identifiées, il est probable que certaines provinces particulièrement touchées par les épandages ont pu être des provinces d'émigration, ce qui a favorisé la dispersion de la population atteinte dans tout le territoire (y compris donc le Nord), ou à l'inverse, des provinces d'immigration, ce qui a pu contaminer des populations initialement saines mais venant s'installer dans des milieux pollués.

Toute la société est donc concernée et affectée.  Mais nous ne pouvons guère aller plus loin, car, n'ayant pas connaissance d'étude épidémiologique sérieuse au Vietnam sur le nombre de victimes et devant la grande diversité des chiffres avancés, nous préférons ne pas proposer d'estimation, ce nombre devant être probablement de l'ordre de plusieurs centaines de milliers, voire se compter en millions.

Les effets sur l'environnement

Les épandages, non seulement entraînent des défoliations localisées (et donc la destruction des cultures et des forêts), mais ont aussi des effets durables sur les milieux touchés : les habitants bien sûr, mais aussi le milieu physique (sols, sédiments et eaux) et toutes les formes de vie végétale (forêts, mangroves, savanes, cultures) et animale.

C'est ainsi que, même si les taux de dioxine dans le sol sont heureusement faibles aujourd'hui, des régions entières demeurent stériles. Une végétation très pauvre appelée au Vietnam "herbe américaine" recouvre encore les zones d'épandage.

Les sols doivent être réhabilités, rendus à nouveau aptes à la culture, les forêts et les mangroves doivent être reboisées. Des actions de régénération sont certes menées, mais la durée de retour des écosystèmes forestiers à leur état initial (résilience) est très longue pour les zones tropicales.

La solution durable du problème environnemental nécessite d'élaborer des plans de reboisement et d’utilisation des terres dans les différents écosystèmes pour faire revivre ces zones parfois dépeuplées et rendues stériles par la guerre.

Les points chauds (hot spot)

Par ailleurs, il existe des zones du territoire vietnamien qui sont encore polluées aujourd'hui, les hot spot, où l'on trouve de la dioxine à des taux élevés dans le sol, les sédiments ou certains lacs. Ce sont les régions où ont été effectués les épandages les plus massifs (vallée de A Luoi à l'ouest de Huê, proche de la frontière laotienne, par exemple), ou les espaces de stockage, comme certains aérodromes et leurs abords (Da Nang, Bien Hoa, etc.), où les avions achevaient de larguer leur cargaison avant d'atterrir au retour de leurs missions d'épandage. Dans ces zones, du fait de son recyclage dans la chaîne alimentaire, la dioxine peut se retrouver dans certains aliments (poissons, crevettes, poulets, canards, porcs) et dans le lait maternel. Ces populations doivent être informées, protégées et éventuellement déplacées, tandis que les sols doivent être décontaminés.

B. L'état de la question aujourd'hui

L'alerte de l'opinion internationale et l'aide aux victimes

Ce n'est que depuis quelques années que les autorités vietnamiennes et les associations humanitaires ont commencé à s'attaquer à ce problème majeur de développement aux multiples facettes : humanitaire, sanitaire, économique, social, environnemental, politique et juridique.

Le dossier de l'agent orange a ainsi considérablement évolué depuis une dizaine d'années. Tout d'abord, les autorités vietnamiennes, prenant conscience de l'ampleur du drame, ont alerté l'opinion internationale à partir du début des années 2000. Les articles de presse, les émissions de radio et de télévision, les conférences, les ouvrages, les films, etc., se sont multipliés.

L'aide aux victimes vietnamiennes s'est beaucoup développée, même si elle reste bien insuffisante par rapport aux nombreux besoins. Il faut en effet fournir aux victimes des soins médicaux et chirurgicaux, une rééducation appropriée, des prothèses, des fauteuils roulants et autres matériels adaptés. Une douzaine de centres ont été ouverts pour accueillir les victimes de l’agent orange (notamment les enfants).

Le dossier scientifique

La recherche sur les effets de la dioxine a progressé. Cela d'autant plus que de l'agent orange a été stocké et/ou utilisé dans d'autres pays (Cambodge, Canada, Corée, Japon, Laos, Philippines) et que des militaires de pays alliés des États-Unis ont été touchés (Australie, Nouvelle-Zélande).

L'Académie des sciences des États-Unis a été chargée par le Congrès de procéder tous les 2 ans jusqu'en 2014, à une évaluation de l'information scientifique et médicale concernant les effets sur la santé de l'exposition à l'agent orange et aux autres défoliants utilisés au Vietnam. C'est ainsi qu'elle publie tous les 2 ans une mise à jour et une évaluation des résultats de recherche à partir d'une revue de la littérature scientifique.

De plus, de nombreux travaux de recherche se poursuivent dans différents pays. Ainsi, l’Université de Sherbrooke a montré en 2014 que l'effet cancérigène de la dioxine notamment provenait de la capacité de cette dernière de pénétrer à l’intérieur d’une cellule humaine où elle vient perturber son bon fonctionnement et peuvent même provoquer des mutations de l’ADN.

Les travaux de terrain au Vietnam

Des travaux de terrain sont menés au Vietnam pour mieux cerner la réalité, notamment dans les hot spots.

Si les États-Unis n'ont toujours pas admis leur responsabilité dans cette guerre chimique ils participent cependant à un "Groupe de dialogue Vietnam/États-Unis sur l’Agent Orange" ainsi qu'à la décontamination en cours de l'aéroport de Da Nang depuis août 2012 et à l'aide aux populations riveraines pour un montant de 41 millions de dollars. Un système de traitement thermique des sols contaminés a ainsi démarré en avril 2014 : le sol contaminé par la dioxine est chauffé à une température élevée pour décomposer la dioxine. Le but est de dépolluer la terre et de réduire les risques d’expansion de la dioxine dans l’air et dans l’eau afin de protéger la santé humaine. Les zones contaminées de l’aéroport (30 hectares, plus de 70.000 m3 de terre) devraient être nettoyées d'ici la fin de 2016.

La contamination semble encore plus sévère et plus étendue autour de l'aéroport de Bien Hoa (province de Dong Nai) où environ 250.000 m3 de terre devront être traités. Pour les décontaminer, le Vietnam doit mobiliser plus de 250 millions de dollars.

Aujourd'hui, on a identifié 33 points chauds "potentiels". Sept d'entre eux ont été étudiés en 2004-2005 par le bureau Hatfield (Canada) et la Division 10-80 du Ministère de la santé du Vietnam, avec analyse d'échantillons prélevés sur place. Des niveaux élevés de dioxine ont été trouvés dans trois d'entre eux (Bien Hoa, Da Nang et Phu Cat) qui doivent être traités prioritairement. Dans les autres, des études complémentaires doivent être menées ; de plus, il existe probablement d'autres points chauds non encore identifiés (par exemple les lieux de crash des avions d'épandage).

La dimension juridique

Le drame de l'agent orange ne peut être abordé du seul point de vue humanitaire : face à l'étendue du désastre, la question de fond reste celle des responsabilités. Le Vietnam doit obtenir réparation, non seulement pour les souffrances endurées et pour l'environnement dégradé, mais aussi pour ce scandaleux crime de guerre commis par les États-Unis contre le Vietnam, atteint dans sa chair et dans sa terre. Aux États-Unis, les vétérans américains victimes de l’agent orange ont porté plainte contre les fabricants (car ils n’avaient pas le droit de poursuivre le gouvernement américain). En 1984, ces fabricants ont signé un accord amiable avec les associations de vétérans : en échange de l'arrêt de toute poursuite, les fabricants ont versé 180 millions de dollars à un fonds de compensation.  Aucune juridiction internationale     n'étant   compétente, début 2004 l'Association  vietnamienne des victimes de l'agent  orange/dioxine  (VAVA),qui venait d'être créée, a déposé aux États-Unis une plainte   contre les entreprises (dont les tristement célèbres Monsanto et Dow Chemical) ayant fabriqué l'agent orange pour l'armée américaine. Cette plainte a été rejetée en première instance en mars 2005, puis en appel en février 2008. La Cour suprême, saisie pour un ultime appel, a refusé de l'examiner en février 2009.

Par contre, la justice sud-coréenne a donné raison en juillet 2013, à 39 vétérans affirmant être tombés malades à cause de l'"agent orange", un défoliant utilisé par les Américains pendant la guerre du Vietnam. La Cour suprême estime prouvée la corrélation épidémiologique entre cet herbicide et les maladies de peau développées par ces anciens militaires qui ont combattu aux côtés des Américains au Vietnam. Elle a ordonné à Monsanto et Dow Chemical, productrices de l'"agent orange", de leur verser au total 466 millions de wons (environ 315 000 euros), des réparations qu'ils ne recevront sans doute jamais. La Cour suprême a, en revanche, infirmé une décision d'appel faisant droit aux demandes de milliers de vétérans supplémentaires.

Française d'origine vietnamienne, Mme Tran To Nga,  assigne en justice devant le tribunal de grande instance d'Évry (Essonne), les sociétés américaines (Monsanto, Dow Chemical...) accusées d'avoir fourni à l'armée américaine cet herbicide. Tran To Nga était correspondante de guerre de l'Agence vietnamienne d'information (VNA) pendant la guerre du Vietnam. Elle a vécu et travaillé dans des régions gravement touchées par l'agent orange (Cu Chi, Binh Long, etc.). Elle a eu trois enfants, dont l'un est mort d'une affectation cardiaque et l'autre est atteint d'alpha thalassémie. Elle souffre elle-même de nombreuses maladies.

Pour conclure en évoquant l'actualité, John Kerry déclarant que l'utilisation d'armes chimiques par la Syrie dans la banlieue de Damas le 21 août 2013 était "lâche et odieuse" et "devrait choquer la conscience du monde... Le meurtre des femmes et des enfants et des passants innocents par les armes chimiques est une obscénité morale… Notre sens de l'humanité de base est offensé non seulement par ce crime lâche mais aussi par la tentative cynique de le couvrir".

On pourrait en sourire si la situation n'était pas aussi dramatique pour les victimes de l'agent orange ! Puissent les États-Unis reconnaître leurs responsabilités et remédier aux dégâts considérables qu'ils ont causés ! Et puissent tous les pays du monde bannir enfin et à jamais la fabrication, le commerce et l'utilisation des armes chimiques !

Annexe

Liste de pathologies imputables ou non à l'exposition aux herbicides[2] des Vétérans américains du Vietnam, selon l'Académie Nationale des Sciences des états-Unis en 2012

Preuve suffisante[3]

  1. Chloracné
  2. Leucémie lymphoïde chronique (llc) (y compris la leucémie à tricholeucocytes et les autres leucémies lymphoïdes chroniques)
  3. Lymphome non hodgkinien
  4. Maladie de hodgkin
  5. Sarcome des tissus mous, y compris le cœur

Preuve limitée / suggestive[4]

  1. Cancer du larynx
  2. Cancers du poumon, des bronches et de la trachée
  3. Cancer de la prostate
  4. Myélome multiple
  5. Amyloïdose primaire de type AL
  6. Neuropathie périphérique précoce
  7. Maladie de Parkinson
  8. Porphyrie cutanée tardive
  9. Hypertension
  10. Cardiopathie ischémique
  11. Accidents vasculaires cérébraux
  12. Diabètes de type 2 (mellitus)
  13. Spina bifida chez les enfants des personnes exposées

Preuve inadéquate ou insuffisante[5],[6]

  1. Cancers de la cavité buccale (y compris les lèvres et la langue), du pharynx (y compris les amygdales), ou de la cavité nasale (y compris les oreilles et les sinus)
  2. Cancers de la plèvre, du mediastin, et autres sites non spécifiés du système respiratoire et des organes intrathoraciques
  3. Cancer de l'oesophage
  4. Cancer de l’estomac
  5. Cancer colorectal (y compris le petit intestin et l'anus)
  6. Cancer hépatobiliaire (foie, vésicule biliaire et voies biliaires)
  7. Cancer du pancréas
  8. Cancers osseux et articulaires
  9. Mélanome
  10. Cancer de la peau (non mélanome) (carcinome basocellulaire et carcinome épidermoïde)
  11. Cancer du sein
  12. Cancers de l’appareil de reproduction (col, utérus, ovaires ; testicules et pénis, à l'exclusion de la prostate)
  13. Cancer de la vessie
  14. Cancer du rein (reins et bassinet du rein)
  15. Cancers du cerveau et du système nerveux (y compris l'oeil)
  16. Cancers endocriniens (thyroïde, thymus, et autres organes endocriniens)
  17. Leucémie (autre que les leucémies à tricholeucocytes et les autres leucémies lymphoïdes chroniques)
  18. Cancers à des sites autres et non spécifiés
  19. Infertilité
  20. Avortement spontané (autre qu'après une exposition paternelle à la TCDD, qui semble ne pas être associée)
  21. Mortinatalité, mortalité néo-natale et mortalité infantile dans la descendance des personnes exposées
  22. Faible poids à la naissance dans la descendance des personnes exposées
  23. Malformation néo-natale (autre que spina-bifida) dans la descendance des personnes exposées
  24. Cancer de l’enfance dans la descendance (y compris les leucémies myéloïdes aiguës)
  25. Troubles neurocomportementaux (cognitifs et neuropsychiatriques)
  26. Maladies neurodégénératives, à l'exclusion de la maladie de Parkinson
  27. Maladies chroniques du système nerveux périphérique
  28. Surdité
  29. Affections respiratoires (respiration sifflante ou asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive, et maladie du poumon du fermier)
  30. Maladies gastro-intestinales, métaboliques et digestives (altérations des enzymes hépatiques, anomalies lipidiques, ulcères)
  31. Maladies du système immunitaire (déficit immunitaire et maladies auto-immunes)
  32. Troubles circulatoires (autres que l'hypertension, la cardiopathie ischémique, et les accidents vasculaires cérébraux)
  33. Endométriose
  34. Perturbations sur l'homéostasie thyroïdienne
  35. Problèmes de vue
  36. Conditions osseuses

Preuve limitée/suggestive de non association[7]

  1. Avortement spontané après une exposition paternelle à la TCDD

 

                                                                        TEMOIGNAGE EN PHOTOS par  HÔ Thuy Tiên

 

Nous sommes le 21 mai 2015. L’association Orange DiHoxyn a décidé cette année encore de prendre en charge 12 personnes. Les enfants ont entre 3 ans et 12 ans. Viet Kham a  21 ans, il est en apprentissage .Venu déposer son dossier pour être sur la prochaine liste des bénéficiaires, aujourd'hui il a de la chance, une personne s'est désistée, il prendra donc sa place.

Les opérations chirurgicales les plus « simples » coûtent environ 500 €. Les photos sont faites pour déposer les dossiers médicaux et rassurer les donateurs. L’appareillage de la petite fille ( dernière photo ) née sans jambes et une seule main coûtent 2 000 €. Quel merveilleux sourire lorsqu’elle a marché avec ses prothèses ! Elle est prise en charge par une association coréenne.

Comment faire lorsque le salaire moyen est de 250 €/mois ? Souvent un des parents ne travaille pas afin de pouvoir s’occuper de l’enfant . Les associations qui aident les familles sont  trop peu nombreuses et leurs moyens trop limités au regard du nombre de victimes.

 

         

                           Van Anh                                                                                  Viet Kham     

         

                        Thai Bao                                                                                     Minh Ngo   

       

                         Thuy Van                                                Je ne connais pas son prénom, elle était en rééducation

                                                                                                                               

                                                      TRIBUNAL  INTERNATIONAL D'OPINION

A l’initiative de l’Association internationale des juristes démocrates (AIJD) et suite à la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de ne pas recevoir la requête des victimes vietnamiennes des épandages chimiques, la décision fut prise, en décembre 2008 avec la VAVA- association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange- de mettre en place un tribunal international d’opinion.

Celui-ci s’est tenu les 15 et 16 mai 2009, à la Maison des Mines et des Ponts et Chaussées de Paris.

A ce tribunal témoignaient des victimes de l’Agent Orange venues spécialement du Vietnam, des experts.

Voici le témoignage de André Bouny, Président du Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et auteur de Agent Orange Apocalypse Vietnam (éditions demi lune 2010) et de Cent ans au Vietnam (éditions Sulliver 2014)

J’ai vu du nord au sud du Viêt-Nam, des gens atteints d’étranges maladies,

J’en ai vu certains qui avaient le corps couvert de boules grosses comme des oranges,

J’ai vu ce garçon désarticulé sur sa planche à roulettes, dans une famille nombreuse et misérable, dévastée physiquement et psychologiquement, dont les parents espèrent que leurs enfants auront la chance de mourir avant eux…

J’ai vu cette fillette qui portait sur ses épaules un grand frère disloqué, tendant une casserole vide…

J’ai vu la cohorte des enfants morts de Tu Du,

J’ai vu leur anatomie torturée,

J’ai vu les siamois soudés sur toute la surface du corps,

J’ai vu celui arrivé dans la vie avec des membres surnuméraires soudés du ventre,

J’ai vu celui affligé d’un double visage,

J’ai vu celui né avec deux têtes,

J’ai vu celui qui naquit avec les organes génitaux au milieu du visage,

J’ai vu des petits d’hommes traînant leur enfance assassinée,

J’ai vu celle née sans yeux, et qui rame l’air avec ses bras sans mains…

J’ai vu celui attaché au barreau du lit pour ne pas qu’il se détruise sous le feu des démangeaisons de la chloracné qui le dévore…

J’ai vu ceux aux corps d’oiseaux lestés à une énorme tête,

J’ai vu les enfants atteints de fente palatine aspirant leur lèvre supérieure et leurs ailes du nez,

J’ai vu l’enfant au visage envahi par la prolifération anarchique d’une horrible tumeur faciale,

J’ai vu l’enfant spina-bifida aux pieds bots recroquevillés comme les pétales du chrysanthème…

J’ai vu les enfants phocomèles, enfants-tronc nés sans membre, souriant vers le jeu, piochant de leur nuque et animant tous les muscles de leur tronc pour se mouvoir quelque peu…

J’ai vu cette fillette « chanceuse » d’avoir des pieds, et qui écrit en tenant le crayon entre ses orteils, avec application, et qui ne saura jamais ce que c’est de tenir son semblable dans ses bras :

Oui, cela va bientôt faire cinquante ans que la guerre chimique américaine commença et elle inflige toujours et encore d’effroyables et interminables souffrances inhumaines à une foule d’êtres innocents qui n’étaient pas nés lorsqu’elle prit fin.

http://www.aafv.org/Paris-TRIBUNAL-15-et-16-mai-2009

 

    LE PROCES DE Mme TRAN TO NGA CONTRE LES COMPAGNIES AMERICAINES AYANT PRODUIT L’AGENT ORANGE

                                                par André Bouny  http://www.agent-orange-vietnam.org/

Le jeudi 16 avril, s’ouvrait en France le procès de l'Agent Orange. C’est Mme Tran To Nga,  Franco-vietnamienne de 73 ans, ancienne résistante vietnamienne qui mène ce combat avec l’avocat William Bourdon contre des sociétés chimiques américaines comme Monsanto et Dow Chemical, devant le tribunal d'Evry. Ces sociétés ainsi qu'une vingtaine d'autres sont accusées d'avoir produit l'agent orange, qui contenait notamment un puissant poison, la dioxine, de l'avoir produit en connaissance de cause sur les conséquences sur la santé des gens.

Mme Tran To Nga a été aspergée, dans les années 1967-68 alors qu'elle combattait et faisait son métier de journaliste dans le maquis. Sa première fille, née en 68 est morte à un an d'une malformation cardiaque. Sa deuxième fille, porte, comme elle-même, des pathologies liées à la dioxine. Les États-Unis ont consenti à indemniser (180 millions de dollars) leurs vétérans victimes de ce poison, mais pas un cent pour les Vietnamiens.

"C’est une démarche réfléchie, longuement préparée", indique Me Bourdon, cité par l’Express. "En tant que citoyenne française, ma cliente est recevable à poursuivre ces sociétés qui ont toujours su organiser leur irresponsabilité juridique dans ce drame éternel. Elle peut obtenir réparation à titre individuel et ouvrir ainsi la voie à d’autres démarches, à l’étranger cette fois, pour les civils vietnamiens." Alors que les Vietnamiens poursuivent encore aujourd’hui le combat pour rendre justice aux victimes de l’agent orange/dioxine, cette procédure est la première engagée en France.

Elle vise à lui rendre justice et, au travers d’elle, obtenir enfin la première reconnaissance tangible d’un immense crime. Il s’agit d’un procès techniquement difficile, et très onéreux. En effet, contrairement à la procédure des victimes vietnamiennes intentée aux USA par des avocats américains, celle-ci nécessite qu’un huissier français délivre l’assignation à autant d’huissiers américains qu’il y a de sociétés mises en cause, notification par parquet diplomatique, sans compter que tous les documents et annexes doivent être traduits et certifiés pour validité. Des frais qui se renouvelleront lors des conclusions répondant aux arguments contradictoires des défendeurs. Ne doutons pas que la défense de ces multinationales sera féroce et, en cas de verdict favorable à Mme Tran To Nga, elles feront appel. Alors de nouveau les frais reviendront, par dizaines de milliers d’euros. Mme Tran To Nga n’a pas les moyens de couvrir pareils frais. Aussi, un collectif sollicite associations et personnes tournées vers le Viêt Nam. Mais pas seulement, tout citoyen(ne) se sentant concerné(e) peut traduire sa solidarité par un don. Des plateformes internationales seront également activées vers leurs millions de membres, avec le soutien du CIS.

 

                                           BIBLIOGRAPHIE SUR L’AGENT ORANGE par Francis Gendreau     

Références générales

AAFV, 2005, L'agent orange au Vietnam : crime d'hier, tragédie d'aujourd'hui, Éditions Tirésias, Paris, 160 p.

AAFV, 2006, L'agent orange et la dioxine au Vietnam, 35 ans après. Actes de la conférence du Sénat, Paris, 11-12 mars 2005, 1 CD-ROM.

Bouny (A.), 2010, Apocalypse Viêt Nam. Agent Orange, Éditions Demi-Lune, Paris, 416 p.

Centre de perfectionnement des journalistes, Association des journalistes du Vietnam, 2005, Agent orange. Les oubliés de l'apocalypse, Le Bulletin, n° 4, 40 p.

Gendreau (F.), janvier 2006, Au Vietnam, l'agent orange tue encore, Le Monde diplomatique, p. 11.

Griffiths (P. J.), 2001, Vietnam Inc., Phaidon, 224 p.

Griffiths (P. J.), 2004, Agent Orange. Collateral Damage in Vietnam. Trolley Books, Londres, 178 p.

Jaeggi (P.), 2000, Quand mon enfant est né, j'ai ressenti une grande tristesse. Vietnam : quand les armes chimiques frappent à retardement, Editions Lenos, 157 p.

Le Cao Dai, 2000, Agent Orange in the Viet Nam War. History and Consequences, Vietnam Red Cross Society, Hanoi, 202 p. [traduction résumée par le Dr Jean Meynard, L'agent orange dans la guerre du Vietnam. Historique et conséquences, Association "Vietnam, les enfants de la dioxine", 97 p.]

Nguyen Van Tuan, 2006, Agent orange, dioxine et leurs conséquences, UGVF, Ed. Tré, Hanoi, 200 p.

 

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« Agent Orange une bombe à retardement » réalisé par Thuy Tien HO & Laurent LINDEBRINGS

Le site du film « Agent Orange une bombe à retardement » réalisé par Thuy Tien HO & Laurent LINDEBRINGS

dioxine-bombearetardement-film.com

ORCHIDÉES

22 rue Corvisart, 75013 Paris.  ( : (33). 01.45.83.61.79.

Orchidées est le producteur du film. Il pourra vous mettre en relation avec les réalisateurs, des intervenants scientifiques.

Collectif de création en cinéma documentaire fondé en 1981. ORCHIDÉES, c'est plus de trente années de « regards croisés » Nord/Sud. Depuis sa création ORCHIDÉES a produit des documentaires thématiques et des collections audiovisuelles tournées dans une vingtaine de pays (Afrique, Asie, Amérique latine, Europe), dédiées à la solidarité internationale et à l’ouverture vers des cultures différentes.

collectiforchidees.tumblr.com/

ORANGE DIHOXYN

19 rue Daniel Pongérard  97419 La Possession – France  (: 02 62 44 79 38

Coproducteur du film avec Orchidées, cette association soutien le combat des victimes en finançant des opérations chirurgicales au Vietnam, en soutenant financièrement le procès par l’organisation de concerts, de conférences, en récoltant les dons.

ORANGE DIHOXYN est une association non-gouvernementale créée en 2008 pour permettre à ceux qui se sentent concernés par les conséquences actuelles de la dioxine déversée sur le Vietnam pendant la guerre, d'aider les victimes vietnamiennes. Reconnue d’intérêt général, l’association est habilitée à recevoir des dons ouvrant droit à réduction d'impôt.

www.orange-dioxin.com

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* Président de l'Association d'amitié franco-vietnamienne de 2002 à 2007 (AAFV), secrétaire du Comité pour la Coopération Scientifique et Technique avec le Vietnam (CCSTVN).

[1] A titre de comparaison, lors de l’accident de Seveso (ville italienne, près de Milan, où un accident se produisit en juillet 1976 à l'usine Icmesa dans un réacteur chimique, avec émission d'un nuage de vapeurs contenant de la dioxine), quelques centaines de grammes de dioxine (probablement moins de 2 kg) s'étaient répandus pendant 20 minutes sur 1 800 hectares où vivaient 37 000 personnes. 

[2] Par herbicides, on entend ici les produits chimiques suivants : acide 2,4-dichlorophenoxyacetique (2,4-D), acide 2,4,5-trichlorophenoxyacetique (2,4,5-T) et ses contaminants 2,3,7,8-tetrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD ou dioxine), acide cacodylique, et piclorame. L'évidence d'une association a été tirée d'études professionnelles, environnementales, et sur les vétérans dans lesquelles des personnes étaient exposées aux herbicides utilisés au Vietnam, à leurs composants, ou à leurs contaminants.

[3] L'évidence épidémiologique est suffisante pour conclure qu'il y a une association positive. C'est-à-dire qu'une association positive a été observée dans des études dans lesquelles le hasard, les biais et les erreurs pouvaient être exclus avec une confiance raisonnable (l'évidence d'une association est renforcée par des données expérimentales confortant la plausibilité biologique, mais son absence n'amoindrira pas l'évidence épidémiologique). Par exemple, si plusieurs petites études sans biais ni absence de contrôle des autres variables montrent une association consistante en sens et en amplitude, on peut avoir l'évidence suffisante d'une association.

[4] L'évidence épidémiologique suggère une association, mais avec une certitude moindre car le hasard, les biais et l'absence de contrôle des autres variables ne peuvent être exclus avec une confiance raisonnable. Par exemple, une étude bien conduite avec des conclusions solides en accord avec des résultats moins irréfutables provenant d'études de populations avec des expositions similaires peut constituer une telle évidence.

[5] Les études épidémiologique disponibles présentent une qualité une consistance, ou un pouvoir statistique insuffisants pour permettre une conclusion concernant la présence ou l'absence d'une association. Par exemple, les études qui ne contrôlent pas bien l'effet des autres variables, qui ont des estimations des expositions inadéquates, ou qui n'abordent pas les problèmes de latence.

[6] Ce comité a utilisé une classification qui couvre l'ensemble des cancers. Cependant, les revues pour les affections non-malignes n'ont été conduites que si elles avaient fait l'objet d'une investigation épidémiologique ou à la demande du Département des Vétérans. Par défaut, tout résultat sur lequel aucune information épidémiologique n'a été trouvée tombe dans cette catégorie.

[7] Plusieurs études pertinentes, qui couvrent l'éventail complet de l'exposition humaine, sont cohérentes en ne montrant pas d'association positive, quelle que soit l'ampleur de l'exposition à un des herbicides sous revue. Une conclusion de “non association” est forcément limitée aux conditions, expositions et durée de l'observation couverte par les études. De plus, la possibilité d'un très petit accroissement dans le risque à l'exposition étudiée ne peut jamais être exclue.

 

 

 

 

 

Créateur et administrateur du groupe : HO Thuy Tien

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